BSA-AIR : La levée de fonds de MONEYTIS est un cas d’école

Le 3 juin 2016, le journal du net annonçait la levée de fonds BSA-AIR de MONEYTIS. Cette levée de fonds, ainsi que plus généralement le financement global de cette #FinTech spécialisée dans le transfert d’argent est un exemple, un véritable cas d’école de la bonne utilisation des possibilités et des leviers de financements disponibles pour les sociétés innovantes.

Pour ces raisons, il est intéressant de revenir sur l’histoire de cette start-up disruptive qui est à la fois un comparateur d’opérateurs de transfert d’argent et qui opère également lui-même certains transferts à travers la technologie #BlockChain.

C’est en 2015 que les trois fondateurs créent la SAS MONEYTIS en France avec un capital initial de 20 000 €. En septembre de la même année, MONEYTIS est sélectionné par l’incubateur d’ING BANQUE d’Amsterdam qui la finance au moyens d’Obligations Convertibles transformables en actions de l’entreprise si celle-ci fait une levée de fonds VC (de Venture Capitalist) conséquente dans les deux ans.

Le capital initial ainsi que cette première levée de fonds sont complétés par un prêt d’honneur consenti par SCIENTIPOLE en mars 2016. La levée de fonds BSA-AIR va avoir lieu peu de temps après. L’équipe part s’installer à Lisbonne au Portugal et est sélectionnée par Y-Combinator à San-Fransisco pour faire partie de son programme d’accélération le plus renommé du monde. Le fameux Y-Combinator, justement celui qui a créé les SAFE à l’origine des BSA-AIR !

Même si l’histoire de cette start-up continue de s’écrire, que peut-on retenir de ce parcours de financement jusque là exemplaire ?

D’abord, force est de constater qu’il est possible de créer une start-up avec une mise initiale faible par rapport aux différents besoins qui se font sentir par la suite. Bien entendu, il faut que les succès s’enchainent pour imprimer un rythme et une cadence que les financements savent suivre. Notons également que tous les financements qui ont eu lieu n’ont pas dilué les fondateurs.

Ensuite, l’enchainement des différents types de financement fut jusque là très astucieux, parfaitement pertinent et à adapté à une croissance rapide. Un premier financement sous forme d’OC ; si le montant n’est pas très élevé, les intérêts sont peu importants, facilement supportables par le compte d’exploitation, et le capital peut être remboursé par la suite s’il n’est pas converti en actions. Le prêt d’honneur permet de patienter en attendant la première levée de fonds significative. La levée de fonds seed en BSA-AIR se fait rapidement. D’un montant significatif, elle permet à la fois de rembourser les financements précédents et de financer la suite. C’est alors que la sélection pour Y-Combinator intervient.

Certes, le timing est serré mais si les fondateurs font particulièrement attention aux dépenses, l’enjeu est de taille car, au sortir de la période d’accélération, MONEYTIS devrait pouvoir opérer une levée de fonds sur place à l’échelle américaine.

Pour la petite histoire, afin d’intégrer le célèbre incubateur, MONEYTIS a regroupé ses activités sous une structure aux USA. Les investisseurs AIR ont vu leurs BSA-AIR se transformer facilement en SAFE (retour aux sources). Voilà un avantage des BSA-AIR que l’on avait pas encore découvert : celui de pouvoir se transformer facilement en SAFE pour aller lever des fonds aux USA !